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Profil d’entraîneur : Brock Davidiuk

« Soyez toujours prêt à apprendre. Cherchez l'équilibre dans votre vie. »

Brock Davidiuk avait un grand vide à combler quand il a succédé à l'ancien entraîneur des Golden Bears de l'Université de l'Alberta Terry Danyluk, mais il a su mettre à contribution ses vastes connaissances en volleyball sur les lignes de côté.

Davidiuk a pris les rênes de son ancienne équipe dans le rôle d'entraîneur-chef en 2019, 13 ans après avoir obtenu son diplôme de l'institution. En tant que joueur des Bears, il a été nommé joueur le plus utile à son équipe du championnat quand il a aidé à mener son équipe à la conquête du titre national du SIC (aujourd’hui U SPORTS) en 2005 – une réalisation qu'il tentera de revivre maintenant qu'il est au bout du banc.

Après sa carrière universitaire, Davidiuk a eu un parcours impressionnant comme joueur professionnel à l'étranger en plus de jouer à l'international avec l'équipe canadienne, lui qui éventuellement été nommé capitaine de la formation nationale. Il a aidé le Canada à se qualifier pour le Championnat du monde de la FIVB en 2010. 

Il a renoué avec les Bears en 2012 dans le rôle de bénévole à temps partiel, puis il a gravi les échelons pour devenir entraîneur adjoint, et ensuite entraîneur associé, et voilà qu'il agit maintenant comme entraîneur-chef. En 2016, il a complété une maîtrise d'entraîneur.

Volleyball Canada a récemment eu l'occasion de s'entretenir avec Davidiuk au sujet de sa carrière d'entraîneur et de sa vision de la profession.

Volleyball Canada : Tu as eu une très belle carrière comme joueur, alors que tu as remporté un titre national avec les Bears, tu as joué à l'étranger et tu as été capitaine de l'équipe nationale. Quels ont été les faits saillants ou tes moments favoris?

Brock Davidiuk : C'est difficile de choisir, j'ai eu plusieurs bons moments, par exemple quand je suis tombé en amour avec le volleyball – je me souviens du moment précis --, des petites interactions avec mes coéquipiers ou mes entraîneurs, des grandes victoires ou même des défaites qui ont fini par mener à des victoires.

Si je dois en choisir un, je dirais remporter la Coupe de France avec Tours, ce qui avait permis à notre équipe de se qualifier pour la Ligue des champions. Ce n'était pas tant la victoire en soi, mais le parcours que nous avons connu au cours de la saison et qui nous a mené jusqu'à ce tournoi de qualification et à mon rôle là-dedans. Cette saison-là, notre équipe a vécu pas mal d'adversité, moi aussi personnellement. C'était une des rares équipes dont j'ai fait partie où j'étais le passeur substitut, j'avais joué pour tellement d'équipes où j'étais le passeur partant et que j'avais des coéquipiers remarquables qui étaient substituts. Cette année-là, j'ai été tellement été inspiré par ces gars-là et je sentais que c'était mon devoir, par respect pour mes coéquipiers et pour notre passeur partant, de faire le maximum pour être prêt chaque fin de semaine si jamais on me donnait l'occasion de jouer, ce qui arrivait rarement parce que notre partant était un des meilleurs dans la ligue et un des passeurs de l'équipe nationale française à l'époque. J'ai eu l'occasion de jouer pendant ce tournoi-là et j'ai donné une des meilleures performances de ma carrière, alors que j'ai aidé mon équipe à effacer un déficit de 2-0 et à l'emporter 3-2 en demi-finales, et ensuite à remporter la finale.  

VC : Comment s'est fait le passage vers la profession d'entraîneur? Est-ce un travail que tu as toujours envisagé de faire?

B. D. :  Je n'y ai jamais pensé pendant mon enfance ni quand j'étais joueur, mis à part le fait que je passais un peu de temps à diriger des cliniques individuelles et ciblées par position quand je jouais. En 2012, je me suis gravement blessé au dos quand j'étais à Gatineau avec Équipe Canada, le même été où ma mère a reçu un diagnostic de cancer du sein. Je suis retourné chez moi pour être auprès d'elle cet été-là, et pour faire de la réadaptation. En même temps, j'avais de la difficulté à trouver la motivation nécessaire pour poursuivre ma carrière professionnelle. J'ai contacté Terry Danyluk cet automne-là pour lui demander si je pouvais aller le rejoindre et donner un coup de main aux Bears une fois par semaine. Cette expérience a vraiment allumé quelque chose chez moi, d'être de retour en gymnase avec les Bears, de retrouver cette atmosphère, cette famille. L'été suivant, alors que mon dos était guéri, je suis retourné à Gatineau mais le temps était venu de prendre ma retraite comme joueur. L'automne suivant, Terry est venu me voir et m'a proposé un plan pour lui succéder. Ce fut un tournant dans ma vie puisque je m'apprêtais à aller m'installer sur la côte Est pour explorer des possibilités professionnelles qui n'avaient rien à voir avec le volleyball. 

En passant, ma mère est une battante et elle s'est remise de son cancer du sein, avec le sourire pendant tout le processus de guérison, et en prenant soin de nous tous en plus. Elle est en rémission depuis neuf ans maintenant.  

VC : Qui t'a soutenu durant ton parcours? As-tu des mentors?

B. D. : C'est clair, mes parents ont été mes plus grands supporteurs pendant ma carrière au volleyball. Cependant, je ne pourrais faire ce que je fais sans mon épouse Holly Harper (joueuse de l'année de l'Association Canada West en 2009 avec les Dinos de l'Université de Calgary). Quand j'ai commencé à m'impliquer comme entraîneur, j'ai lu un article écrit par un entraîneur de la NCAA, je pense que c'était Mark Hebert, qui a dit que si tu veux avoir une carrière d'entraîneur, tu dois être célibataire ou marié à une sainte. Alors j'ai eu de la chance avec le deuxième des scénarios!

J'ai plusieurs, plusieurs mentors, notamment des entraîneurs dans notre ligue, bien que le plus important d'entre eux soit évidemment Terry. Keith Hansen est aussi quelqu'un pour qui j'ai beaucoup d'estime en tant que mentor.  

VC : Comment ta carrière de joueur t'a-t-elle aidé dans ta carrière d'entraîneur?

B. D. : C'est difficile à dire parce que je ne sais pas ce que cela aurait donné si je n'avais pas eu de carrière comme joueur. Par contre, d'après ce que je peux voir, pour être entraîneur, tu dois posséder tout un éventail d'aptitudes, mais cet éventail peut être composé d'outils qui viennent de différents milieux. Un de mes outils, c'est ma carrière de joueur, mais c'est certain que ce n'est pas mon seul outil.  

VC : Quel est le plus grand obstacle que tu aies eu à affronter pendant ta carrière et comment as-tu fait pour passer au travers?

B. D. : On m'a offert une belle occasion il y a quelques années, qui m'aurait amené à emprunter une autre voie et aurait obligé ma famille à déménager. Composer avec cela a été difficile et éprouvant, bien que je ne sois pas certain que c'était un obstacle, c'était juste une décision que je devais prendre. J'ai pu passer au travers grâce aux conseils à la fois profonds et très simples de mon épouse.   

VC : Tu as connu des débuts très intéressants comme entraîneur-chef, alors que l'équipe s'est notamment qualifiée pour les Championnats nationaux en 2019-2020, puis les Championnats ont été annulés et la saison 2020-2021 a été annulée. Comment toi, ton personnel et ton équipe avez-vous géré la dernière année remplie d'inconnues? 

B. D. : Je pense que les athlètes que nous avons dans l'équipe sont prêts à réaliser quelque chose de spécial dans notre ligue. Les éléments et les caractéristiques que je vois en eux et la mentalité d'équipe qu'ils ont bâtie sont des signes de tout cela. Ce sont les mêmes éléments et caractéristiques qui leur ont permis de faire preuve de résilience au cours de cette saison difficile. Je pense que c'est grâce à eux si nous avons été capables de gérer et de prospérer pendant la saison dans le cadre du programme de volleyball des Golden Bears.  

Quant à nous, le personnel, nous essayons de faire notre part en planifiant en conséquence, et en simplifiant les choses sur lesquelles nous étions en mesure de travailler. Pour nous cette année, il s'agissait de quatre choses :

Sécurité des membres de l'équipe dans le but d'éviter la COVID-19
Vivre une très belle expérience en tant qu'équipe
Développement axé sur des objectifs à long terme en vue de 2021-2022
Être des ambassadeurs sur le plan social au cours d'une année 2020 mouvementée et au-delà

VC : As-tu des intérêts particuliers mis à part le volleyball et le métier d'entraîneur et si c'est le cas, comment arrives-tu à trouver le bon équilibre entre cet intérêt et le volleyball?

B. D. : Mon épouse Holly et ma fille Charlie sont des personnes plutôt intéressantes! Elles sont ma principale priorité. Mis à part la famille, je m'intéresse à la musique. Je joue de la guitare dans un groupe (évidemment, pas en ce moment), alors trouver de la place pour cela dans ma vie n'est pas évident, mais le soutien de mon épouse et des autres gars dans le groupe, qui sont formidables, fait en sorte que j'arrive à gérer tout cela.  

VC : Quel aspect de ta carrière d'entraîneur te rend le plus fier?

B. D. : C'est difficile d'identifier une chose en particulier. D'avoir été nommé entraîneur-chef de l'équipe de volleyball des Golden Bears est plutôt irréel. J'étais fou du volleyball plus jeune. Quand j'avais 13 ans, mon père m'a amené assister à un match des Bears, Terry était l'entraîneur, Doug Bruce était le passeur et Murray Grapentine était au milieu. Tous des légendes! Depuis ce temps, je ne visais qu'une chose, jouer au volleyball pour les Bears. D'être l'entraîneur-chef maintenant, c'est fou, mais je trouve aussi que je suis incroyablement chanceux. Pour obtenir un poste d'entraîneur, il faut que tout tombe en place au bon moment.  

VC: Quel est ton objectif ultime en tant qu'entraîneur? 

B. D. : Faire honneur à l'héritage des Golden Bears que Terry a laissé, voilà quelque chose auquel je pense beaucoup en ce moment. En termes d'objectifs, ça pourrait évoluer de façon à ce que j'aspire à d'autres choses qui découlent de ça, mais c'est ce que j'ai en tête tous les jours.  

VC : As-tu des conseils à donner aux nouveaux entraîneurs?

B. D. : Soyez toujours prêt à apprendre. Cherchez l'équilibre dans votre vie. 

VC : Qu'aurais-tu souhaité avoir eu comme conseil, soutien ou formation à tes débuts?

B. D.: Un meilleur élan du bras comme entraîneur!!! 

 

Photo: Brad Hamilton