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Profil d'entraîneur : Josh Nichol

Les « Profils d'entraîneur » de Volleyball Canada sont fièrement présentés par par Mizuno, supporteur de nos équipes nationales et programmes d'entraîneurs.

Le rôle d’entraîneur de volleyball a peu de secrets pour Josh Nichol. Son CV d’entraîneur est bien garni, le dernier ajout étant sa récente promotion au poste d'entraîneur du volet prochaine génération (NextGen) de Volleyball Canada.

Une grande partie de l'héritage de Nichol en tant qu’entraîneur est son travail avec l'équipe masculine de volleyball du Collège George Brown. Bénévole à ses débuts, il a aidé à lancer le programme. Après avoir raté les éliminatoires par un seul match au terme de la première saison, il a mené l'équipe en séries dès sa deuxième année à la barre.

En plus de son poste à George Brown, Nichol a travaillé avec Volleyball Canada, l'Association de volleyball de l'Ontario, le Club de volleyball Leaside, Ngun Lam Volleyball, Équipe Ontario et aux Jeux du Canada.

Volleyball Canada a récemment eu l'occasion de discuter avec Nichol de sa carrière d'entraîneur et de lui demander de partager quelques réflexions sur le rôle d’entraîneur de volleyball.

 

Volleyball Canada : Comment es-tu devenu entraîneur? Est-ce une carrière à laquelle tu as toujours pensé?

Josh Nichol : Oui et non. J’ai toujours aimé le sport et j’ai eu beaucoup de chance d’avoir trois frères et sœurs plus âgés et de grandir dans une petite ville où faire du sport était la chose à faire socialement. Chaque saison, je pratiquais un nouveau sport et je jouais à l'école, au sein d’un club et dans la cour.

J'ai commencé à songer à devenir entraîneur quand j'étais adolescent et qu’il est devenu clair que mes habiletés athlétiques ne me permettraient pas d’atteindre le niveau de sport dans lequel je voulais être impliqué. Quand j'étais en 12e année, Chris Lawson a organisé une clinique d'entraîneurs de niveau 1 à Goderich (Ontario). J'ai sauté sur l'occasion d'obtenir une certification et de commencer à en apprendre davantage sur le rôle d’entraîneur.

VC : Qui t’a soutenu dans ton parcours? As-tu des mentors?

J.N. : Honnêtement, tout le monde m'a soutenu... Difficile de dire si j'avais un mentor officiel. J’ai été extrêmement chanceux d’avoir des amis, de rencontrer beaucoup d’entraîneurs et de travailler pour l’Association de volleyball de l’Ontario et Volleyball Canada, où je suis entouré de beaucoup de gens passionnés par le volleyball. Une grande partie de mes connaissances a été acquise de manière informelle pendant les pauses, par des appels téléphoniques, à l’occasion de soupers ou via le balado Passin Dimes. Quand vous vous entourez de personnes qui sont aussi passionnées que vous, c’est très facile d’aborder des sujets vraiment sympas et d’entrer dans les détails.


Je ne pense pas avoir raconté cette histoire à beaucoup de gens, mais quand j’avais la vingtaine, avant qu’il soit possible de trouver beaucoup d'informations sur le rôle d’entraîneur sur Internet et à une époque où il n'y avait pas beaucoup de matchs diffusés en direct sur le Web, je tentais de trouver une information du mieux que je pouvais et si je n’arrivais pas à trouver la réponse, je téléphonais ou envoyais un courriel, sans avertissement, à quelqu'un qui, selon moi, pouvait avoir la réponse. Certains ont répondu, d'autres non, mais si je voulais vraiment apprendre quelque chose, je m’efforçais de trouver quelqu'un qui en savait plus que moi et je lui posais des questions. Je ne dirais pas nécessairement que ces personnes ont été des mentors, mais j'ai vraiment apprécié à quel point la plupart des entraîneurs de volleyball étaient prêts à partager.

VC : Tu as récemment obtenu un nouveau rôle au sein du programme de volleyball de plage de Volleyball Canada, en tant qu’entraîneur du programme masculin NextGen. Peux-tu me parler un peu de ton nouveau rôle?


J. N. : Je me sens toujours extrêmement chanceux d’obtenir cette chance et je travaille d’arrache-pied tous les jours pour mériter le droit de sentir que je suis la meilleure personne pour diriger ce programme.

Le programme NextGen est basé à Toronto à notre Centre de haute performance de volleyball de plage. Le programme est conçu pour soutenir et développer la prochaine génération de talent du Canada avec l’objectif de remporter des médailles sur le circuit mondial de la FIVB, aux Jeux olympiques et aux championnats du monde.

Mon rôle dans l'environnement d’entraînement quotidien est de planifier et diriger l’entraînement sur sable et les séances vidéo tout en travaillant avec notre équipe de soutien intégré (ESI) de premier plan pour m'assurer que notre bloc d’entraînement et la périodisation fonctionnent comme prévu. L'ESI offre un encadrement et une planification dans les domaines de la préparation mentale, de la nutrition, de la récupération, de la musculation et du conditionnement physique et dans de nombreux autres domaines.

VC : Tu as créé le balado de volleyball Passin Dimes. Qu'est-ce qui a conduit à la création de ce balado?

J. N. : Je suis vraiment passionné par les balados. J'ai toujours pensé que ce serait amusant d’en faire un sur le volleyball. Dallas Keith et moi avons décidé d'essayer. Nous avons convenu que l'accent devrait être mis sur les histoires et la mise en valeur des personnes extraordinaires que l’on retrouve dans notre sport. Il est passé à autre chose depuis et j'ai continué à animer le balado pour plusieurs raisons. J’aime vraiment avoir la chance de parler des experts de notre sport et d’apprendre d’eux, et je pense qu’il est important de mettre en valeur les personnes extraordinaires de la communauté du volleyball. J'espère que les gens l'apprécient et en tirent quelque chose aussi...

Chaque semaine, quand je travaille sur le prochain épisode, je suis impatient de le mettre en ligne et je pense que chaque invité que nous avons reçu est génial. Si je devais choisir un épisode pour quelqu'un qui n'a pas encore écouté le balado et qui représente ce que nous voulons que l’émission soit, je pense que ce serait l'épisode 96 avec Mark Heese. On sent vraiment à quel point il est passionné grâce à ses histoires et je pense que c'est un bon mélange d’épisode divertissant et éducatif.

VC : Tu as de l’expérience comme entraîneur en volleyball intérieur et en volleyball de plage. En quoi ton approche de chaque sport diffère-t-elle ou en quoi est-elle similaire?

J. N. : C’est plus similaire que différent. Je veux que les entraînements soient structurés et rythmés. J'aime vraiment créer des situations spécifiques à ce que nous verrons pendant les matchs et essayer d'adapter tout ce que nous faisons à notre modèle de jeu.

Je pense que les principales différences sont au niveau des règles encadrant la fonction d’entraîneur dans chaque discipline. Le volleyball de plage ne permet pas à l’entraîneur d’intervenir pendant les matchs, vous devez donc aider à préparer les athlètes et vous assurer qu’ils ont leur propre plan de match. Les athlètes sont très autonomes en volleyball de plage, car dans le feu de l’action, ils doivent prendre leurs propres décisions. Il est important qu'ils aient une idée claire de ce qu'ils veulent et doivent faire, et de quelle manière ils doivent ajuster le plan de match.

Il y a plusieurs éléments du volleyball de plage que j’utilise aussi quand je suis entraîneur à l’intérieur, mais comme vous êtes autorisé à communiquer avec les athlètes pendant le match, à demander des temps d’arrêt, à effectuer des changements, etc., l'entraîneur doit être plus impliqué. Je pense que les athlètes sont quand même très autonomes, mais l'entraîneur sert maintenant l'équipe d’un point de vue de leadership. Vous ne rendriez pas service à votre équipe si vous restiez assis et ne souteniez pas l’équipe ou n’étiez pas impliqué dans la stratégie.

VC : Après avoir obtenu ton poste à George Brown, tu as mené la charge pour mettre sur pied ce programme. L’équipe a obtenu du succès rapidement. Comment s’est déroulé ce processus de mise en place du programme et qu'est-ce qui a contribué à son succès?

J. N. : Je n’ai que de bons souvenirs de mon passage au Collège George Brown. À l’époque, je ne réalisais pas à quel point j'avais de la chance et j'aurais dû apprécier davantage le défi et le processus.

Tout a commencé quand j’ai passé une entrevue pour devenir l’entraîneur-chef de l’équipe collégiale féminine. Malheureusement, je n’ai pas obtenu le poste, mais quand le directeur des sports de l’époque, Ed Mark, m’a appelé pour m’annoncer la nouvelle, il m’a dit qu’il avait été approché par un étudiant, Daniel Szafran, qui lui avait proposé de lancer un programme collégial masculin. Il n'y avait pas de budget et l’horaire du gymnase était déjà très chargé, mais il a dit que si j'étais intéressé par un poste bénévole, il souhaitait joindre la ligue un an plus tard. J'ai donc fait équipe avec Ed et Daniel, et notre coordonnateur des sports à l’époque était un stagiaire, Chad Van Dyk. Ensemble, nous nous sommes mis à la recherche d’athlètes et avons organisé des séances ouvertes les mercredis de 18 h à 20 h et les dimanches de 20 h à 22 h. Les heures de gymnase n’étaient pas vraiment idéales, mais cela montrait que les athlètes qui se présentaient étaient passionnés par le volleyball. Je serai toujours reconnaissant envers les clubs de l’OVA, les écoles secondaires, les équipes de neuf joueurs et les équipes de l’OCAA qui ont accepté de disputer des matchs d'exhibition contre nous ou de nous laisser participer à leurs tournois afin que nous puissions jouer tout en formant notre équipe.

L'année suivante, nous avons fait nos débuts au sein de l'OCAA comme prévu, et c'était bien plus difficile que ce à quoi je m’attendais. Je pense que nous avons conservé une fiche de 3-7 au cours du premier trimestre, et je me suis vraiment demandé si je savais ce que je faisais. Heureusement, nous avons présenté un dossier de 5-5 dans le deuxième trimestre, ratant les séries éliminatoires par un seul match. L'année suivante, nous avons pris notre erre d’aller, avons présenté une fiche de 16-4 et avons participé aux séries. Nous avons de nouveau connu du succès l'année suivante en atteignant les quarts de finale. Les bases étaient jetées pour que le programme connaisse du succès et ne soit plus considéré comme une équipe d'expansion.

Je pense que la principale raison de nos succès hâtifs est que les gars ont travaillé dur et n'ont refusé aucun défi. D'autres entraîneurs pensaient que nous n'étions pas prêts à faire de la vidéo ou du dépistage ou à avoir une stratégie parce que nous pouvions à peine exécuter les compétences de base. J'ai reçu de nombreux conseils non sollicités de personnes qui me disaient de me concentrer sur les compétences de base et de ne pas compliquer les choses. Pourquoi nous concentrer sur une stratégie au service alors que nous pouvions à peine contrôler le ballon, ou pourquoi enseigner à l'équipe comment tripler au bloc quand nos joueurs de centre ne fermaient pas les blocs sur les ballons hauts, etc. Je ne voyais pas les choses de cette façon. J'adorais notre équipe et je voulais nous pousser à développer de nouvelles compétences et une meilleure compréhension de notre jeu. J'ai investi plus de temps pour m'assurer que nous étions bien préparés et prêts à rivaliser avec les autres équipes. Le moment était vraiment bon, car j’amorçais ma carrière d'entraîneur et j'avais beaucoup d’ambition. Tout n’a pas fonctionné, évidemment, mais c’était une bonne leçon : ne jamais sous-estimer votre équipe et ne jamais penser qu’elle n’est pas prête pour un niveau plus avancé. Les athlètes et les équipes embarqueront et vous suivront si vous êtes passionné par ce que vous faites et que vous pouvez expliquer pourquoi.

Je suis parti après cinq saisons. C’est agréable de soutenir ce que Garrett May a fait avec le programme et nous attendons maintenant avec impatience que George Brown embauche un nouvel entraîneur et avons hâte de voir ce qu’il pourra faire. C'est plutôt sympa de se remémorer les débuts du programme et de constater à quel point l'équipe se porte bien aujourd’hui, quand on pense que tout a commencé avec un entraîneur bénévole, un stagiaire assidu, des personnes extraordinaires dans la communauté qui ont ajouté des matchs à leur calendrier et un groupe de gars formidables qui ont acheté leur propre chandail pour que nous puissions lancer le programme.

VC : De quoi es-tu le plus fier depuis le début de ta carrière d'entraîneur?

J. N. : Je ne veux pas donner l’impression d’aller à l’inverse de ma dernière réponse, mais je suis fier de m’être fixé un objectif et, après un long parcours, de l’avoir atteint. Je voulais entraîner notre équipe nationale depuis que je suis devenu entraîneur. Je suis assez influençable, certains diraient naïf, alors quand le sport et les médias célèbrent des gens incroyables comme Kobe Bryant, je veux en apprendre davantage sur leurs parcours et je me dis que c’est ainsi que je devrais faire les choses. Je ne pense pas qu’il y ait un seul point commun qui relie toutes les personnes très performantes, mais je pense que l’élite a en commun la capacité de se concentrer à 100 % sur son objectif.

J'ai essayé de suivre le même parcours que les personnes qui ont connu du succès, je pensais que si je n'étais pas obsédé, je serais un entraîneur moyen. Je repense à mon emploi du temps et je ne pourrais plus faire ça aujourd’hui. Pendant quelques années, je travaillais à l'OVA de 7 h à 15 h et me rendais en vitesse à Upper Canada College pour être à l’entraînement de 16 h, puis j'allais à George Brown ou à un club pour un entraînement en soirée. Je faisais ça quatre à cinq fois par semaine, plus les matchs et les tournois le week-end. Quelques années plus tard, j'entraînais au CERV de 6 h à 8 h, me rendais au travail en vitesse pour 9 h, puis j'entraînais un club ou George Brown en soirée, parfois les deux, en plus des matchs et des tournois. Puis, en été, je dirigeais le circuit de volleyball de plage de l’OVA ou j'étais entraîneur et je travaillais dans des camps. C'était fou le nombre d'heures que je consacrais à mon rôle d’entraîneur, mais cela m'a donné l'occasion de travailler avec tant d'athlètes, d'y aller par essais et erreurs, et de vraiment confirmer que je voulais être entraîneur plus que tout.

VC : Quel est votre objectif ultime comme entraîneur?

J. N. : Pour moi, ce qui est formidable à propos du rôle d’entraîneur et du sport, c’est qu’il n’y a pas d’objectif ultime. Les choses changent constamment et ce n’est jamais assez...

Je pense que mon objectif à court terme serait de gagner une compétition de la FIVB et d'entendre notre hymne national. Je me souviens d’avoir été à un événement, en attente de la navette le dernier jour, et l'un des entraîneurs australiens parlait à sa jeune fille. Elle était tellement excitée à l’idée que si son équipe gagnait, ils entendraient leur hymne national. Cette joie et cet enthousiasme m'ont fait réaliser que ce que nous faisons est vraiment spécial, et ce serait incroyable de gagner une compétition et d'entendre Ô Canada.

VC : As-tu des conseils pour les nouveaux entraîneurs? Peut-être quelque chose dont tu aurais aimé profiter - des conseils, du soutien, de la formation, etc. – à tes débuts?

 J. N. : Si je pouvais dire quelque chose à une version plus jeune de moi-même, je dirais de ralentir, tu n’en connais pas autant que tu le crois, et ne le prends pas personnellement quand un athlète ne comprend pas. J'étais tellement pressé de gravir les échelons et d'avoir la possibilité de devenir entraîneur au niveau suivant. J’étais persuadé que les choses seraient différentes au niveau suivant, mais les choses sont vraiment similaires, peu importe que vous entraîniez une équipe scolaire ou une équipe provinciale...

Du point de vue de la formation, je pense que la chose la plus importante que j’ai réalisée et que j'aurais aimé comprendre plus tôt est le fait d'avoir une mentalité de développement et les facteurs délibérés d'apprentissage. Il doit y avoir un désir et un besoin d'apprendre, valoriser la répétition, savoir quand et pourquoi utiliser une compétence, recevoir et mettre en pratique les commentaires et, espérons-le, atteindre un point où on peut l'enseigner à d'autres. Je n’ai pas toujours été très patient avec les athlètes et je ne comprenais pas que cela pouvait prendre des semaines, des mois, parfois des années à un athlète pour acquérir pleinement une compétence ou saisir un concept.

Je pense que beaucoup de choses dans la vie et dans la profession d’entraîneur se résument à des choses que vous devez expérimenter par vous-même et que quelqu'un d'autre ne peut pas vous dire, mais que j’y repense, je crois qu'avoir une longueur d'avance dans ces domaines m'aurait beaucoup aidé.

 

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Josh Nichol