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Profil d'entraîneur: Natasha Spaling

Les « Profils d'entraîneur » de Volleyball Canada sont fièrement présentés par par Mizuno, supporteur de nos équipes nationales et programmes d'entraîneurs.

En passant du statut de joueuse à celui d'entraîneure, Natasha Spaling a très bien vécu la période de transition qui lui a permis de passer à l'étape suivante de sa carrière au volleyball.

En tant que membre des Warriors de Waterloo, Spaling a fait son petit bonhomme de chemin jusqu'au moment de devenir capitaine d'équipe, un poste qu'elle a occupé pendant deux saisons. En 2014-2015, elle été nommée au sein de l'équipe d'étoiles des Sports universitaires de l'Ontario. Elle est ensuite passée à autre chose, alors qu'elle a complété une maîtrise en entraînement du sport à l'Université de l'Alberta, où elle rejoint le personnel des Pandas au poste d'entraîneur adjoint.

Dans ce rôle, Spaling a aidé l'équipe à remporter deux médailles d'argent du réseau USPORTS ainsi qu'un championnat de l'Association Canada West. En 2018-2019, elle a été entraîneure-chef de l’équipe du Collège Niagara, obtenant une médaille d'argent au championnat de l'Ontario Colleges Athletic Association. L'année suivante, on l'a embauchée au poste d'entraîneure adjointe de l'équipe de volleyball féminin de l'université Queen’s. 

Volleyball Canada a récemment eu l'occasion de s'entretenir avec Spaling pour discuter de sa carrière d'entraîneure et de ce qu'elle pense de la profession d'entraîneure dans le contexte de son sport.

Volleyball Canada : Comment s'est passée la transition vers la profession d'entraîneure? Est-ce un travail que vous avez toujours prévu faire?

Natasha Spaling : J'ai toujours adoré le travail d'entraîneure, mais je n'ai pas toujours voulu être entraîneure. En fait, j'étais pas mal certaine qu'être entraîneure, ce n'était pas un 'vrai métier' quand j'étais plus jeune. Mon objectif au départ, c'était de faire des études universitaires dans le domaine de la santé. 

À l'époque où j'étais athlète à l'Université de Waterloo, j'ai eu trois entraîneurs différents. Entre ma troisième et ma quatrième année, j'ai eu la chance de faire partie du comité d'embauche pour l'entraîneur actuel (Richard Eddy). Dans le cadre de ce processus, j'ai eu de très bonnes discussions avec la directrice adjointe (Christine Stapleton) et l'entraîneur-chef de l'équipe masculine de volleyball (Chris Lawson) à propos de mon potentiel dans un rôle d'entraîneure.

Lachance m'a souri à nouveau quand je vivais à Calgary cet été-là avec ma sœur, alors que Christine a organisé une rencontre avec Laurie Eisler, entraîneure-chef des Pandas de l'Université de l'Alberta. Après cette discussion-là, je suis allée disputer mes dernières années à Waterloo, j'ai fini par subir une déchirure au ligament croisé antérieur pour la deuxième fois quand je m'apprêtais à entreprendre ma cinquième année et c'est ce qui m'a amenée à prendre une décision définitive. Je me suis donc inscrite au programme de maîtrise de l'entraînement du sport à l'Université de l'Alberta et j'ai commencé ma carrière d'entraîneure. 

VC : Tu as été capitaine des Warriors de Waterloo quand tu jouais, tu as été nommée au sein de l'équipe d'étoiles des SUO... Comment ta carrière de joueuse t'a-t-elle aidée dans ton passage à la profession d'entraîneure?

NS : Ce que j'ai vécu comme athlète m'a donné de très bons outils dans mes rapports aux joueuses, ça m'aide à avoir de l'empathie pour elles quand elles ont des défis à relever et à mieux apprécier le travail que chacune des athlètes investit pour contribuer aux succès de l'équipe. Je pense que ce j'ai vécu (surtout des leçons que j'ai apprises à la suite d'erreurs que j'ai commises, je dois dire) m'a vraiment aidée à façonner ma compréhension de ce qu'il faut faire pour être un bon chef de file et ma compréhension du genre de soutien, de motivation et de communication dont différentes joueuses et différentes personnes ont besoin. 

VC : Qui t'a soutenue dans ton parcours? As-tu des mentors?

NS : Ma sœur a probablement été la personne la plus importante à cet égard depuis le début de ma carrière d'entraîneure. Je ne crois pas avoir pris une seule décision sans lui demander son avis. Je pense qu'elle croit plus en moi que je crois en moi-même.

Quant aux mentors, je suis tellement chanceuse d'avoir eu des femmes et des hommes remarquables dans mon entourage pour me guider durant mon parcours d'entraîneure, et je suis grandement reconnaissante pour la présence de chacun d'entre eux. 

Je dois remercier tout particulièrement Laurie Eisler (Université de l'Alberta – entraîneure-chef), Michele O’Keefe (Collège Niagara – directrice des sports), Ryan Ratushniak (Université Queen’s – entraîneur-chef) et Jimmy El-Turk (Collège St. Clair – entraîneur-chef). Je n'en serais pas là où je suis aujourd'hui sans ces gens-là. Ces personnes m'ont toutes inspirée, elles m'ont mise au défi, elles m'ont toutes permis à leur façon de devenir une bien meilleure entraîneure. 

VC : Quel est l'obstacle le plus important que tu aies eu à surmonter dans ta carrière d'entraîneure et comment y es-tu arrivée?

NS : Le plus grand obstacle jusqu'ici, a été d'essayer de trouver le bon équilibre entre le travail d'entraîneure et le reste de ma vie. C'est parfois difficile de ne pas pouvoir participer à tous les événements en famille ou entre amis. Je fais de mon mieux pour tenter de savourer le temps que je peux passer avec eux et mettre de côté du temps chaque jour pour me connecter aux gens que j'aime. Je ne suis pas certaine d'avoir très bien réussi à surmonter cet obstacle, mais je suis tellement chanceuse d'avoir des gens aussi remarquables dans mon réseau, ces gens me soutiennent et savent à quel point je les aime et j'aime mon travail. 

VC : Tu as aidé l'équipe de volleyball de l'Université de l'Alberta à remporter deux médailles d'argent du réseau USPORTS ainsi qu'un championnat de l'Association Canada West. Comment s'est passé ton séjour avec les Pandas?

NS : Diriger les Pandas a été une des plus belles expériences de ma vie. La qualité et le calibre des athlètes et des entraîneurs dans ce programme-là ont été absolument remarquables. D'avoir pu apprendre de gens aussi sages a été fort précieux pour moi en tant que jeune entraîneure et cela a vraiment façonné ma façon de voir cette profession. Parmi les plus grandes leçons que j'ai apprises pendant que je dirigeais là-bas, c'est à quel point tu as la lourde responsabilité en tant qu'entraîneure de garder tes athlètes mentalement, physiquement et émotivement en sécurité et d'y mettre assez de temps, de dévouement et d'empathie pour que tes athlètes aient toutes les opportunités de réussir. 

VC : Tu as ensuite accepté le poste d'entraîneure-chef au Collège Niagara, où tu as remporté de nouveau l'argent au sein du réseau de l'OCAA. Comment ton travail avec les Pandas et les Knights t'a-t-il préparée pour ton relativement nouveau poste d'adjointe à Queen's?

NS : Tous mes boulots d'entraîneure m'ont permis de grandir de différentes façons. Au départ, les Pandas m'ont permis de réaliser que les athlètes sont les personnes les plus importantes dans le gymnase (pas moi ni les autres entraîneurs), et que c'est important de prendre des décisions fondées sur ce qui est le mieux pour les athlètes et l'équipe. Ce que j'ai vécu comme entraîneure à Niagara m'a donné beaucoup de confiance dans ma prise de décisions et m'a permis de découvrir qui j'étais comme entraîneure. La capacité de diriger un programme, d'essayer un calendrier d'entraînement, de commettre des erreurs et d'apprendre à partir d'événements réels a été tellement utile. Cela m'a vraiment aidée à renforcer mes valeurs en tant qu'entraîneure.

Ça m'a ouvert les yeux d'arriver à Queen's après l'Alberta et Niagara parce que nous préconisons des systèmes qui sont complètement différents ici, ce qui a permis de bonifier énormément mes connaissances techniques et tactiques comme entraîneure. Je suis tellement reconnaissante d'avoir ce nouveau poste, Ryan a été incroyablement ouvert et stimulant dans sa façon de me laisser travailler. J'ai beaucoup appris de tous ces gens et à tous ces endroits, et je suis contente de pouvoir partager mes connaissances et mon vécu avec notre programme ici à Queen’s. 

VC : On peut penser que tu as vécu des débuts intéressants à Queen’s, alors que tu as rejoint le programme en juillet 2019 et que tu n'as eu qu'une saison de compétition. La saison 2020-2021 ayant été annulée, comment s'est passée ton année avec l'équipe? 

NS : Eh bien tout d'abord, ç'a été une année crève-cœur pour tellement d'athlètes et de personnes dans nos communautés, et j'espère vraiment que les circonstances vont changer cette année. L'aspect qui m'impressionne encore dans tout ça, c'est à quel point les athlètes sont résilientes et à quel point elles parviennent à se concentrer sur ce qu'elles doivent faire pour être des athlètes de haute performance. Nous avons arrêté et recommencé les entraînements sur le terrain cette année, mais l'engagement des athlètes à l'égard de leurs études et de leurs programmes de musculation et de conditionnement physique ne s'est jamais démenti, ni leur engagement à tisser des liens et à bâtir des projets au sein de notre communauté. Nous tâchons toutes de contrôler ce que nous pouvons contrôler et nous sommes impatientes de retourner sur le terrain! 

VC : As-tu des intérêts en particulier à l'extérieur du volleyball et du travail d'entraîneure et si c'est le cas, comment arrives-tu à avoir le bon équilibre entre ces intérêts et le volleyball?

NS : J'ai trois neveux (Harrison, Casey et Harvey) et une nièce (Molly), et j'essaie de les voir le plus souvent possible. Ils sont tellement adorables, j'adore être une tante et je veux pouvoir jouer avec eux (jusqu'à ce qu'ils cessent de penser que je suis 'cool') et faire partie de leur vie autant que possible. Je ne suis pas encore certaine d'avoir trouvé le bon équilibre, mais heureusement pour moi, ils aiment venir regarder mes matchs et encourager les joueuses, alors ça me permet de les voir un petit peu plus souvent!

VC : De quel aspect de ta carrière d'entraîneure es-tu la plus fière?

NS : Je suis très fière d'avoir soutenu un aussi grand nombre d'athlètes et d'entraîneurs remarquables et d'avoir pu, un tout petit peu, les épauler dans leurs parcours et la poursuite de leurs rêves. Je suis aussi vraiment fière d'être une femme entraîneure, un modèle positif à suivre et une source de soutien pour d'autres femmes dans le sport. 

VC : Quel est ton objectif ultime en tant qu'entraîneure?

NS : Je ne suis pas certaine d'avoir un seul objectif ultime. Pour l'instant cependant, je pense que mon but ultime est de continuellement aider les athlètes à s'améliorer, de garder l'esprit ouvert et d'apprendre, d'avoir un effet positif sur le volleyball au Canada et de diriger des équipes au plus haut niveau possible.

VC : Aurais-tu des conseils à donner aux nouveaux entraîneurs? 

NS : Un des meilleurs conseils que j'ai jamais reçus, c'est quand on m'a dit de m'entourer de gens qui m'inspirent, qui me stimulent et qui auront mes intérêts supérieurs à cœur. Je ne serais pas ici aujourd'hui sans les personnes remarquables qui sont avec moi, qui ont cru en moi et qui veulent me voir connaître du succès.

 

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