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Les anciens en vedette : Tammy Mahon

Pratiquer plusieurs sports pendant l'enfance et l'adolescence est éminemment souhaitable. Tammy Mahon en est le parfait exemple.

Avant de devenir membre de l'équipe nationale féminine, celle qui est originaire de la communauté de Holland, au Manitoba, a passé sa jeunesse à participer à tous les sports possibles, et elle a excellé dans plusieurs des cas.

« À l'école secondaire, j'ai joué au volleyball, au basketball, au baseball et j'ai participé à des compétitions internationales au saut en hauteur, a indiqué Mahon. J'ai toujours été en faveur de la pratique de plusieurs sports à un jeune âge. Je suis convaincue qu'apprendre les différentes habiletés associées à chaque sport, jouer des rôles différents et apprendre d'entraîneurs différents m'ont aidée à me préparer pour devenir une athlète de haut niveau au volleyball. »

Quelque temps avant d'entreprendre ses études universitaires, Mahon a eu le loisir de choisir dans quel sport elle allait consacrer toutes ses énergies. À ses yeux, le choix a été facile à faire.

« Même si ce n'était pas le sport où j'excellais le plus, c'était clairement le volleyball qui me passionnait le plus, a dit Mahon. J'adorais le défi que représentait ce sport et le genre d'habiletés qu'il fallait maîtriser. Après avoir fait du saut en hauteur de compétition, j'ai réalisé que j'aimais aussi l'aspect collectif, plutôt qu'individuel, de ce sport. Le volleyball m'a toujours attirée, c'est comme si c'est ce sport qui m'a choisie plutôt que l'inverse. »

Avec les Bisons de l'Université du Manitoba, Mahon a aidé l'équipe à remporter deux Championnats d’U SPORTS (alors SIC), en 2001 et 2002, et elle a été nommée joueuse la plus utile à son équipe à l'issue du Championnat de 2002. À sa dernière année d'études, elle a été proclamée Athlète féminine de l'année 2003 à son université.

En plus d'aimer profondément son sport, Mahon a aussi profité du fait que plusieurs excellentes joueuses de volleyball du Manitoba pouvaient lui servir de modèle. 

« Je me souviens que j'avais une affiche d'elles sur mon mur, quand elles faisaient partie de l'équipe olympique de 1996. Janis Kelly et Michelle Sawatzky m'ont inspirée quand j'étais plus jeune et que je gravissais les échelons du volleyball au Manitoba, et elles ont continué de le faire pendant mon séjour avec l'équipe. »

Après que le volleyball l'eut choisie, Mahon n'a pas tardé à avoir l'occasion de se mesurer à ses semblables, ce qui a nourri davantage sa motivation à arborer le rouge et le blanc.

« Je n'avais jamais réalisé jusqu'où le sport pouvait me mener, a déclaré Mahon. Le désir que j'avais de jouer pour Équipe Canada est devenu très concret pour moi après avoir été invitée à mes premiers essais avec l'équipe nationale junior en 1998. En fait, j'ai laissé tomber une compétition de saut en hauteur pour aller aux essais. 

Je savais que c'était le volleyball que j'aimais le plus et c'était là ma première chance de voir où se situait mon niveau d'habileté par rapport aux meilleures athlètes au pays. Après ça, tout l'entraînement que je faisais et mon niveau d'engagement pour le volleyball étaient en fonction du rêve que j'avais de porter un jour le maillot canadien.

Tammy Mahon

Mahon n'a pas attendu longtemps avant de pouvoir représenter son pays. L'année suivante, elle a porté l'unifolié pour la première fois quand elle a participé au Championnat du monde junior féminin de la FIVB 1999, tenu en sol canadien à Edmonton et Saskatoon.

« Le fait de pouvoir enfiler le maillot canadien, d'être entourée de partisans canadiens et de chanter notre hymne national a été le début d'un long parcours pour moi comme représentante de notre pays et de notre sport, a souligné Mahon. Je ressentais toujours beaucoup de fierté et de reconnaissance de profiter de cette possibilité, et je me sentais intimement liée à mes coéquipières et mon pays. »

Trois années plus tard, elle a eu droit à une autre première avec Équipe Canada, au niveau senior cette fois. 

« Ken Bentley, mon entraîneur à l'Université du Manitoba, m'a beaucoup aidée à me préparer et il m'a beaucoup encouragée à viser le niveau supérieur pour que je puisse passer des rangs universitaires à la scène internationale, a dit Mahon en parlant des gens qui l'ont aidée à atteindre le plus haut niveau. Aussi, j'ai eu la chance incroyable de pouvoir profiter de la présence de joueuses d'expérience remarquables à mes premiers moments avec Équipe Canada. Des athlètes comme Joanne Ross, Barb Bellini, Janis Kelly, Jenny Rauh, Rae Ann Mitchell, Anne Marie Lemieux, la liste est longue.  

« Ce sont des femmes qui étaient des meneuses et qui avaient des personnalités fortes, elles étaient tellement exemplaires dans leur façon de se comporter que je ne pouvais faire autrement que de les admirer et d'apprendre ce qu'il fallait faire pour faire partie de l'équipe nationale. Les membres du personnel des entraîneurs d'Équipe Canada, Lorne Sawula et Naoki Miyashita, m'ont aussi certainement aidée à progresser et à apprendre ce que ça signifiait d'être une athlète d'Équipe Canada à mes premières années. »

Mahon a ensuite été retenue au sein de l'équipe chaque année jusqu'à sa retraite en 2012. Les faits saillants de sa carrière avec l'équipe nationale comprennent une participation à cinq présentations des Championnats de la NORCECA, au Grand Prix mondial 2003, aux Championnats du monde 2010, aux Jeux panaméricains 2011 et à son dernier tournoi, à la qualification olympique de la NORCECA 2012. Elle a participé à un impressionnant total de 173 matchs au fil de sa carrière.

Mahon a aussi connu une longue carrière dans les rangs professionnels, elle qui a évolué aux Pays-Bas, en Suède, en Grèce, en Azerbaïdjan, en Roumanie et en Allemagne. Elle a aidé ses équipes à décrocher des titres de la Ligue et de la Coupe de Suède en 2003-2004, ainsi que dans le championnat A1 Etniki de Grèce en 2010-2011.

En 2008, Mahon a franchi une autre étape avec Équipe Canada quand on lui a décerné le titre de capitaine d'équipe, qu'elle a conservé jusqu'à sa retraite.

« Être nommée capitaine représentait la somme de toutes ces années que j'ai passées à apprendre des meilleures qui sont passées avant moi au sein du programme et j'espérais pouvoir faire la même chose à mon tour pour la génération suivante, a déclaré Mahon. En tant qu'athlète, tu dois continuer à progresser, à apprendre ce que ça signifie d'être une meneuse, apprendre ce que ça veut dire d'être une athlète de l'équipe nationale, de représenter bien plus que la seule personne, c'est-à-dire ton pays au grand complet et tes coéquipières remarquables qui se sont regroupées pour poursuivre un but, un rêve. Ce fut un honneur de porter le 'C' parmi toutes ces coéquipières et athlètes talentueuses, fortes et formidables. » 

Maintenant que sa carrière au volleyball est chose du passé, Mahon profite de la vie avec son mari et ses deux enfants. Avec le recul, elle estime qu'il y a beaucoup de raisons d'être fière et elle s'émerveille de conserver autant de souvenirs extraordinaires une décennie après sa retraite.

« Après 14 années à porter le maillot, c'est difficile de choisir un moment qui est plus mémorable que les autres, a noté Mahon. Cependant, je me souviens très nettement de mes premiers et derniers moments avec l'équipe senior. La journée où on m'a invité au sein de l'équipe senior en 2002, j'ai appelé mes parents et j'ai éclaté en sanglots en leur annonçant la nouvelle. Je pleurais surtout parce que j'avais peine à y croire, mais aussi parce que j'étais ravie de pouvoir retourner dans le gymnase avec l'équipe !  

« Dans les derniers moments, quand nous avons subi la défaite devant la République dominicaine à Tijuana, au Mexique et perdu nos chances de nous qualifier pour les Jeux olympiques de 2012. Assise avec mes coéquipières après le match, sachant que c'était la dernière fois que j'allais enlever mon maillot, je ressentais beaucoup de sérénité et de tristesse à la fois à l'idée que c'était fini pour moi. Les moments que j'ai connus entre ce début et cette fin m'ont façonnée, m'ont préparée à la vie après l'équipe nationale et occuperont toujours une très grande place dans mon cœur.  

« Ce qui me reste, ce sont les amitiés pour la vie, les leçons apprises en cours de route qui me sont encore utiles à tous les jours dans ma vie quotidienne et la reconnaissance que je ressens encore d'avoir pu porter le maillot. »

 

Il y a aussi les moments que Mahon peut aller chercher dans ses souvenirs et qui lui permettent de ressentir beaucoup de réconfort et de fierté.

« Je suis vraiment fière d'avoir progressé à ce point autant comme athlète que comme personne pendant mon parcours avec l'équipe nationale, a indiqué Mahon. Il y a eu pas mal de moments exigeants, mais il y a eu tellement plus de moments où j'aurais voulu me pincer tellement je me sentais chanceuse de faire ce que je faisais. 

« Je suis fière de mes coéquipières, en raison des personnes qu'elles étaient à l'époque et des personnes qu'elles sont devenues. Je suis fière des avancées que le programme a connues, et du niveau où se trouve l'équipe en ce moment. De voir ces jeunes femmes-là sur le court, à batailler dans le but de vivre les mêmes rêves, à poursuivre elles aussi cette quête de l'excellence, ça me rend fière encore aujourd'hui du fait d'avoir pu faire partie de tout ça. »

Mahon est une source d'inspiration pour un bon nombre d'athlètes qui font actuellement partie de l'équipe nationale. Même pour la nouvelle génération d'athlètes, sa carrière au volleyball et l'héritage qu'elle a laissé servent d'exemple et de preuve que peu importe si une personne vient d'une grande ville ou d'une petite communauté rurale, jouer pour Équipe Canada représente un but qu'il est possible d'atteindre. 

Pour ces jeunes athlètes qui espèrent porter un jour le maillot canadien, Mahon a offert quelques paroles d'encouragement et des conseils.

« Faire partie d'Équipe Canada est, de loin, le meilleur emploi que j'aurai de toute ma vie. Si tu te laisses gagner par l'incertitude, ou si tu as peur de rêver à quelque chose d'aussi gros, il y a des sources d'inspiration et de motivation un peu partout. Je les inviterais à saisir toutes les occasions possibles d'apprendre, de grandir et de progresser en tant qu'athlète. 

« Je veux qu'elles sachent que le succès ou l'excellence n'est pas toujours garanti, mais le chemin qu'elles suivront en visant ces objectifs va améliorer et changer leur vie, c'est certain. Je ne suis jamais allée aux Jeux olympiques, ce qui était notre rêve. C'est ce que nous voulions et c'est pour ça que nous travaillions. Toutefois, en aspirant à vivre ce rêve, il y a des choses formidables qui me sont arrivées, des choses qui ont changé ma vie, et que je n'échangerais pour rien au monde. »

Mahon a toujours eu la motivation de continuer à avancer et à aspirer à devenir la meilleure.

« Je trouvais des sources de motivation dans tout. Mettez-moi sur le court et je voulais être meilleure que je l'avais été la veille. Je voulais que notre équipe s'entraîne plus fort et mieux que toutes les autres équipes au monde cette journée-là. Mettez-moi dans une salle de musculation et je chassais la fatigue et la douleur, je poussais pour aller chercher un petit quelque chose de plus. Mettez-moi dans une activité de levée de fonds ou à titre de conférencière, et j'avais la motivation d'exprimer le mieux possible quel privilège et quelle belle occasion c'était de porter le maillot canadien.  

« Le travail quotidien fait par mes coéquipières, le soutien que me donnaient ma famille et les gens de ma ville d'origine, l'intensité de la compétition à l'échelle internationale… Partout et dans tout, je trouvais la motivation de continuer. »

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